Dimanche passé, à la polyvalente de Matane, se tenait une représentation du nouveau spectacle de Fred Pellerin, conteur devenu vastement connu en relativement peu de temps. Ça faisait alors plusieurs années que je souhaitais assister à son show sans jamais avoir eu le temps/l'occasion/l'argent/autre. Cette fois-ci, j'ai failli le manquer aussi, si ce n'aurait été de Luce qui m'en informa (MERCI!!). Direction "Cinéma Gaieté" pour acheter mon billet. Naturellement, la section du centre est pleine, ainsi que plus de la moitié de chaque section latérale. Au final, je me suis retrouvé au fond de la section de gauche (Banc T30). À 40$, c'était mieux de valoir la peine.
Le soir même, je me dirige vers la polyvalente, à pied. Une fine brume se vautrant au sol. Mes lunettes se détrempent au fil de mes pas. Après une petite dizaine de minute, j'arrive à la polyvalente, fait déchirer mon billet et m'assoies. La scène est excessivement simple. Pas de décor, pas de lumières originales ou étranges et pas de meublier excessif. À l'avant trône une chaise de bois, un micro monté sur son pied, une guitare et un luth (ou du moins, ça lui ressemblait). Les minutes passent lorsque tout à coup, une voix s'élève des hauts-parleurs de la salle. Avertissements de routines: pas de photos, pas de cellulaires, etc. Les lumière s'éteignent alors et la magie s'installe.
Pellerin prend la scène d'un pied assuré et entonne une simple chanson folklorique a capella. À ma surprise, il chante d'une très belle voix, très juste et sensiblement créée pour chanter un tel type de pièce. Au bout d'un couplet, il débute la narration de ses légendes.
De prime abord, le conteur pose la thématique du spectacle autour du destin et de la mort. Comme il fallait s'y attendre, les histoires mettent en scène les personnages que nous sommes habitué de suivre au fil de ses contes: La Belle Lurette, Léo Déziel, le garagiste, le Forgeron Riopel, la famille Gélinas, avec ses 473 enfants. Toutes ces personnes vont être mis face à la mort de quelque manière que ce soit et toujours en lien avec deux évènements récurrent: Le son de la cloche du village et la "Stroop", la sorcière du village.
Sans gâcher les histoires pour quiconque compte lire ou écouter ces légendes, laissez-moi vous dire qu'elles sont diablement efficace. Pellerin réussit sans problèmes à nous embarquer dans son monde incroyable, fantastique. Que ce soit en s'enfargeant volontairement dans ses tournures de phrases ou en utilisant un vocabulaire simple, commun, joual. Mais encore là, ça ne l'empêche jamais de jongler avec les mots et de tordre la langue à son bon vouloir avec une facilité déconcertante. Il crée des mots-valise sans problème, tourne ses phrases à volonté pour leur donner autant de signification qu'il ne le désire. Un simple exemple: Il présente à un moment la Mort comme étant 'Translivide'. Il s'approche parfois de ce que Marc Favreau (Sol) faisait au niveau de la langue. Peut-être pas aussi poussé, mais l'inspiration est là, évidemment.
Mais au-delà des mots, ce sont les histoires racontées qui sont terriblement accrocheuses. Chaque personnage à existé et chaque légende vient d'un autre habitant de Ste-Élie de Caxton. Ça parait jusqu'à un certain point. Les contes s'en retrouvent beaucoup plus crédibles. On se comprend, 'PLUS' crédible, et non pas 'Entièrement' crédible. Les 473 enfants Gélinas n'ont évidemment pas tous existés, pas plus qu'Ésimésac a été porté 15 ans par sa mère. Mais malgré tout, son univers reste accrocheur et terriblement efficace.
Le spectacle est entrecoupé de pièces musicales, le plus souvent entre deux contes. En s'accompagnant d'une guitare ou d'un luth ainsi que de ses pieds pour battre la mesure, Fred Pellerin fait preuve d'une belle énergie lors de ses numéros musicaux. Reprenant des chansons folkloriques connues telles "Mille après Mille", Pellerin utilise chaque pièce pour complémenter son spectacle et ses contes. Personnellement, j'ai été assez impressionné de son talent de guitariste. Il joue bien et chante tout aussi bien en plus de taper du pied pour faire un genre de percussion. Agréable surprise.
La fin du spectacle, étonnement touchante, est un court monologue portant un regard plus personnel sur les thèmes récurrents de la mort et du destin. Après ce passage, une courte présentation des véritables personnages mis en scène dans les contes et un numéro musical final, le spectacle se clôt sous un tonnerre d'applaudissements.
En sortant, je rencontre Luce. Nous sommes tout les deux ébahis par le spectacle que nous venons de voir. Nous rencontrons brièvement Fred, un petit autographe et quelques mots s'échangent. Luce se fait DONNER l'un de ses livres à l'intention de sa prof de français puisqu'elle fait analyser l'oeuvre de Pellerin à ses élèves. Nous retournons ensuite au cégep à pied, ébahi par le spectacle auquel nous venons d'assister.
Au final, Pellerin donne un spectacle hors pair, mémorable, touchant et drôle. Oui, il est quelque peu "monté sur un piédestal" par la populace québécoise, mais après avoir vu un tel show, je peux confirmer qu'il le mérite amplement. C'est un conteur incroyable, il joue avec la langue comme pas deux et chante étonnement bien. À voir.
jeudi 19 novembre 2009
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2 commentaires:
Description à la hauteur du spectacle.
Fred Pellerin est généreux autant de ses mots que dans ses gestes :)
Ma prof de français a trippé ^^!
Je suis entièrement d,accord que c'était un spectacle magnifique. Les chansons m'ont moins impressionées; quand j'ai vu Fred Pellerin il y a 3 ans il avait un vlain rhume alors il n'a pas chanté, et Jj'avoue que j'ai préféré ça de même. Pas grave, c'était excellent peu importe.
J'ai lu un des ses receuils de textes; drôle de feeling lire ses contes au lieu de les écouter. C'est à essayer.
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