dimanche 14 février 2010

Poésie: Tome neuvième

C'est aujourd'hui la mi-février. Je sais que je n'ai toujours pas posté ma revue musicale de 2009. Plus tard, je présume. En attendant, deux poèmes. Le premier à un certain âge et a été écrit excessivement spontanément. Le second est plus recherché un peu.


Une minute de symphonie

C'est dans un sombre coin que se trame
L'évènement d'une vie, la célébration grandiose
Fœtus, enfant bâtard, râclure et déchet
Dans un instant seront envolés

Avec difficulté, ça se lève debout, arqué
Et avec une lenteur patraque, fatiguée de vivre
Il empoigne l'instrument de la triste symphonie
Le roulement de l'assourdissant tambour résonne

Puis ça envoie la musique, le tremblement
des violons, de violoncelles et des harpes cristallines
se fait assourdissant, mortelle mélodie
et le chef, blasé, abaisse la baguette d'un morne geste

L'orchestre se tait, repos, sommeil sur une dernière
cassante note, dissonance dans cette harmonie
Et sur une double croche cramoisie, l'on se retire
Les canons ont crachés, la bataille s'achève.


Hivernel métronome

Misérables en ce sombre zénith de février
Où la neige pèse aussi lourd que le plomb
Et le vent fouette les visages balafrés
Des cadavres immobiles, l'air moribond

Sens-tu les relents de morts?
La puanteur des cadavres à l'abandon?
Goûte tu l'air âcre des éternels torts?
Que leur âme traîne dans son sillon...

Je ne suis qu'un autre pendu
Au noir arbre des regrets asséchés

Le vent porte les corps refroidis
Morbide métronome battant la cadence
D'une valse empoisonnée, infinie
La danse hypocrite de la décadence

Vois-tu les larmes de verre brisé?
Au visage des fruits rances et pourris?
Entends tu la mortelle corde craquer?
Ou les airs funestes, berceuses de folie?

Je ne suis qu'un autre pendu
Au noir arbre des regrets asséchés
Et sur la corde tendue
Pèse l'entièreté des regrets passés.